vendredi 3 octobre 2008

Les remords d'une p'tite chatte

Aussitôt ma lettre de démission remise, lundi matin, j’ai pris un vilain plaisir à mettre au courant tout le monde de la compagnie. J’étais consciente de répandre un fait cette fois-ci et non une rumeur, mais je mourrais d’envie de voir les réactions de tout le monde à chaud! J’ai souvent été celle qui propageait les diverses rumeurs par le passé, et je tiendrai mon rôle jusqu’au bout! Il ne faut surtout pas m’arracher ce plaisir. Comme ça, si quelqu’un est triste, je peux lui expliquer tranquillement pourquoi je pars. Et si quelqu’un est heureux, je peux l’envoyer chier sur le champ. Rien ne m’échappe. Je peux tout contrôler.

Toujours lundi matin (une longue vingtaine de minutes après le dépôt de ma lettre), tout le monde sur l'étage savait que je partais. Je n’ai pas pu me retenir plus longtemps. Au moins, ce n’est pas du pipi…

Quatre jours plus tard, la coordonnatrice marketing me laisse un message, toute énervée, me demandant de me rendre immédiatement à son bureau. Je me demandais vraiment ce qu’elle me voulait… Peut-être m’avouera-t-elle qu’elle est lesbienne et qu’elle ne peut continuer à travailler ici sans moi…

En entrant dans son bureau, elle me sortit le bon de commande des choix de cadeaux de Noel pour employés, ceux auquels on a droit après x années de loyaux services. Dans un genre de brouillard, j’ai cru apercevoir un baladeur dernier cri, des laissez-passer de cinéma, une robe de Madonna

Mon dos est devenu rond et j’avalé tout rond la boule de poils remords qui m’obstruait la gorge. Son visage a changé, elle s’est mise à bagayer puis à m’a regardée avec les deux yeux dans le même trou… Mais pourtant… elle le savait… Tout ce qu’elle a réussi à dire c’est « …Mais tu pars, tu ne peux pas l’avoir… j’avais oublié… je m’excuse…».

Tsé, on te fait miroiter un cadeau devant les yeux, puis on le détruit devant toi… c’est inhumain.

1 commentaires:

c a dit…

pas sure que tu devrais dire c'est quoi les cadeaux d'ancienneté sur ton blog... même moi je les sait pas !